Manger des fruits de mer enceinte : lesquels manger sans risque ?

Femmes enceintesManger des fruits de mer enceinte : lesquels manger sans risque ?

Pendant la grossesse, certains aliments sont à éviter en raison de la salmonelle, de la listéria et du toxoplasma Gondii qui peuvent engendrer des infections graves pour le bébé – la salmonellose, la listériose et la toxoplasmose. Si les fruits de mer sont riches en oligoéléments, en minéraux, en vitamines et en protéines, il faut toutefois prendre quelques précautions avant de les consommer. 

Quels fruits de mer enceinte ?

Les fruits de mer sont dans l’ensemble autorisés, à condition qu’ils soient bien cuits. Par ailleurs, s’en priver serait dommage, car ils sont riches en iode – un oligoélément impliqué dans le bon fonctionnement de la glande thyroïde et le développement du cerveau de l’enfant. Les besoins en iode augmentent au cours de la grossesse, et on le retrouve principalement dans les œufs et les crustacés. 

Plus généralement, les omégas 3 d’origine marine apportés par les fruits de mer sont impliqués dans le bon fonctionnement cardiovasculaire selon le Dr. Martin Juneau, Professeur titulaire de clinique à la Faculté de Médecine de Montréal. Si vous appréciez les moules, le saumon, les Saints-Jacques et autres fruits de mer, vous pourrez continuer à en manger sans vous inquiéter

Enfin, ils sont souvent légers et constituent une base intéressante pour avoir une bonne alimentation. C’est pourquoi, ils sont souvent recommandés dans le cadre de régimes alimentaires. 

Toutefois, les poissons crus et les produits dérivés font partie des aliments interdits à la femme enceinte, car ils sont susceptibles d’accueillir la bactérie Listéria à l’origine de la listériose. Cette toxi-infection peut entraîner la mort intra-utérine du bébé, un accouchement prématuré ou une fausse couche. C’est pour cela que les sushis, les sashimis, le tarama, etc. sont à éviter.

Une femme enceinte peut-elle manger des crevettes ?

Les crevettes ont de nombreux bienfaits, elles sont riches en protéines, mais pauvres en calories. Si vous ne voulez pas prendre plus de poids que la moyenne pendant votre grossesse pour éviter des complications (diabète gestationnel, hypertension artérielle), les crevettes seront à privilégier. Vous pouvez donc les consommer, mais il faut impérativement les faire cuire. Il est fortement déconseillé de les manger crues. Vous verrez, elles sont délicieuses sous forme de tempura ou dans des phat thai. Toutefois, gare à la tropomyosine, une protéine allergène présente également dans le homard et dans le crabe. Elle peut déclencher des crises allergiques chez les personnes hypersensibles.

Est-ce qu’une femme enceinte peut manger du saumon fumé ?

Le saumon fumé ainsi que la truite fumée vendus sous vide en supermarché ne peuvent pas se consommer comme tels dans le cadre de la grossesse. En effet, le processus de fumage utilisé pour fabriquer ces produits ne représente pas une cuisson suffisante pour détruire les éventuelles traces des agents infectieux, puisque la température du fumoir ne dépasse pas 20 °C. Or pour se débarrasser des agents infectieux, il faudrait une cuisson de 63 °C à cœur. Ce sont donc des fruits de mer déconseillés par Santé publique France pour prévenir la listériose et la toxoplasmose. Si vous adorez le saumon et que vous tenez à en consommer, vous avez toujours la possibilité de le faire cuire. Bien sûr, il n’aura pas du tout le même goût que le saumon fumé nature, mais il écartera tout risque lié à d’éventuelles infections, puisque la chaleur tue la listéria et le toxoplasma gondii. Par ailleurs, c’est déjà très fréquent de faire cuire le saumon fumé, notamment pour des recettes de tartes ou de cakes. 

Source : David B Townsend on Unsplash

Est-ce qu’une femme enceinte peut manger des moules ?

Les moules sont autorisées, à condition d’être extrêmement bien cuites. Vous pouvez opter pour une cuisson au four ou en cocotte, et selon Passeport Santé, il est possible de déterminer la bonne cuisson de ces coquillages par le biais de l’aspect de leurs coquilles. Lorsqu’elles sont bien ouvertes, c’est qu’elles sont bien cuites. Méfiez-vous donc des coquilles à peine entrouvertes ou fermées. Par ailleurs, les moules sont riches d’oméga-3, de vitamines B et C, de fer et de calcium, d’iode et de magnésium. 

Les Saint-Jacques sont-elles autorisées pour une femme enceinte ?

Semblablement, il n’y a pas de contrindication à manger des noix ou des coquilles de Saint-Jacques, à condition qu’elles soient bien cuites. Cela ne devrait pas poser de problème, car elles sont habituellement consommées bien cuites. Les coquilles sont généralement gratinées au four, tandis qu’il n’y a pas meilleur que les poêlées de noix de Saint-Jacques avec un peu de beurre à la poêle. Par contre, malheureusement les tartares et les carpaccios seront quant à eux à bannir pendant neuf mois, puisqu’ils sont composés de Saint-Jacques crues. Or, toujours pour les dangers liés à la listériose et à la toxoplasmose, il vaut mieux stopper la consommation de ces aliments. 

Quels sont les risques des fruits de mers pour une femme enceinte ?

Plusieurs risques sont associés à la consommation des fruits de mer, dont la listériose et la toxoplasmose dont nous n’avons pas cessé de vous parler tout au long de cet article. Ces infections peuvent entraîner une fausse couche, un accouchement prématuré, une mort intra-utérine du bébé, d’où le fait d’être vigilante. Néanmoins, la cuisson permet de tuer les agents infectieux, et de régler le problème. Sauf que ces infections ne sont pas les seuls dangers liés à la consommation des fruits de mer. 

En effet, l’ingestion de poisson cru peut également être à l’origine de l’introduction du ver anisaki dans l’organisme humain qui provoque l’anisakidose, appelée également la “maladie du ver du hareng”. Auquel cas, les conséquences pour la personne contaminée sont assez graves. Elles se manifestent sous trois formes. D’une part, il y a la forme gastro-duodéale qui survient quelques heures après l’ingestion du poisson cru ou mal cuit et qui se caractérise par des ulcérations. Il y a également la forme grêlique qui peut se manifester des semaines après l’ingestion et provoquer de violentes douleurs intestinales et des lésions. Enfin, il y a la forme allergique qui se caractérise par diverses formes (crise d’urticaire, choc anaphylactique). 

Source : Alyssa Kowalskion on Unsplash

Par ailleurs, il faut savoir que malheureusement la mer est bien polluée, notamment par le mercure (une substance toxique) rejetée dans les rivières et les mers par les industries. Or le mercure peut provoquer des troubles du développement neurologique chez le fœtus, le nourrisson ou l’enfant. L’OMS a observé que les enfants exposés au méthyle mercure dans l’utérus de leur mère pouvaient avoir des troubles au niveau de la cognition, du langage, de la mémoire, de la motricité et de la vision dans l’espace. C’est pour cela que Santé publique France recommande de ne pas manger trop régulièrement de poisson et de diversifier au maximum les espèces. Certaines sont même déconseillées comme l’espadon, le marlin, le siki, le requin et la lamproie. D’autres sont limitées comme l’anguille, le silure, le bar, la brème, le grenadier, le flétan, la carpe, le barbeau, la lotte, la bonite, le brochet, l’empereur, le sabre et le thon. 

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